Comment j’ai raté mon allaitement

Photo LMDK

Hello les Kilounis!
Cela fait déjà un moment que je n’ai plus écrit d’articles. Cette fois, j’avais envie de vous parler de quelque chose de plus personnel. L’allaitement. Mon allaitement. Il a duré 3 mois en exclusif et un peu plus de 4 mois mixte. A mon grand regret.

J’ai toujours eu cette déception, cette pensée amère doublée de cette culpabilité. Mon projet était d’allaiter aussi longtemps que possible ma petite Kilou. J’avais le soutien de mon conjoint qui était 100% en accord avec moi. Mais tout ne s’est pas passé comme nous le voulions, parce que progressivement, le doute s’est installé. Lentement, sûrement. Et les obstacles aussi.

Voici, en 5 étapes les causes qui m’ont fait échouer dans mon projet d’allaitement.

1/ Premiers jours, premiers conseils et pas les meilleurs…

Tout a commencé quand Kilou est sortie de son cocon. Ça lui a pris 12 heures et elle n’était pas très en forme. Elle était fatiguée, elle dormait beaucoup et n’avait pas la force de téter. Elle avait déjà pris le colostrum mais en petite quantité et n’avait donc pas assez tété pour stimuler la montée de leche (lait).
Évidemment en tant que maman primipare j’avais peur. Peur qu’elle ne perde trop de poids, peur qu’elle ne souffre, etc…
C’est là qu’une sage-femme est entrée, et m’a conseillée de lui donner du lait maternisé pour lui permettre de reprendre de l’énergie. Je ne voulais pas au départ, après je me suis dit que c’était exceptionnel et que mon lait ferait le travail ensuite.

Heureusement, une autre sage-femme est arrivée l’après-midi et a crié au sacrilège quand elle a découvert les conseils de la première sage-femme. Elle m’a donné un tire-lait pour stimuler la montée de lait et m’a encouragé à donner à Kilou mon lait à la timbale, ce qui a fonctionné en complément de ses petites tétées.

Au final, j’ai eu ma montée de lait 5 jours après la naissance de Kilou. Mais à priori, j’avais déjà introduit du lait maternisé alors qu’à la base je n’en voulais pas. Après cette étape, je n’en ai plus utilisé jusqu’à…

2/ Faites taire ces voix !

Il y a ces voix qui ne croient pas en l’allaitement comme toi tu y crois. Il y a ces gens qui trouvent ça inutile ou ne le considère pas comme un but ultime. Et dans toute cette fragilité, leurs voix et leurs phrases sont comme des pics, des poisons, des pièges qui te font douter en permanence.

« Mais tu n’as pas assez de lait »! « Si elle pleure aussi souvent c’est qu’elle a faim ». « Tu devrais compléter au lait maternisé ». « L’enfant n’a pas assez mangé ». « Tu es sûre que tu as assez de lait ». « Je t’ai attendu, ta fille a bu tous les biberons que tu as laissé pour elle, j’ai failli lui donner du lait maternisé’. Un jour où j’étais aux toilettes pour la grosse commission « Aller, dépêche toi, ta fille à faim! C’est pas toi qui veut allaiter hein? Ben la prochaine fois tu l’emmèneras avec toi cra cra cra ».


Notez que ce sont des paroles qui m’ont été dites, parfois sur le ton de la plaisanterie, d’autres fois sérieusement, la plupart du temps avec de bonnes intentions, mais le plus souvent je les ai laissé entrer en moi.
Grossière erreur. Mon conjoint aussi s’est mis à douter et a commencé à me renvoyer son inquiétude : « et si? » J’ai commencé à me dire que je n’avais pas assez de lait, à boire de la bière sans alcool et des tisanes pour avoir plus de lait. Et puis à m’inquiéter après ses tétées. L’allaitement est un cercle vicieux. Le stress et la pression peuvent influencer ta quantité de lait.

3/ De l’expert au désespoir

Et puis, tout ça nous a entrainé sur le chemin d’une conseillère en lactation. Elle nous a donné de super conseils que je n’ai pas su intégrer. Elle a parlé du frein de langue à vérifier qui pouvait éventuellement être la cause d’une mauvaise tétée. Egalement, du fait de nourrir le bébé avant qu’il ne pleure pour éviter qu’il ne soit déjà dans un état de stress, au moment de la tété, qui ne lui permette pas de boire correctement. Pour moi c’était un peu mathématique. Un nourrisson qui dort montre visiblement des signes qu’il va se réveiller et que la faim se fait sentir mais il ne faut pas arriver trop tôt ni trop tard. Avec mon état de fatigue j’étais dans le flou cosmique. Je sentais que je n’allais pas y arriver.

4/ La quarantaine

Et puis, elle a parlé de ce que l’on appelle la quarantaine. Ce moment où c’est juste bébé et toi dans tout l’univers. Tu dois rester chez toi avec bébé et faire corps avec lui pour mieux anticiper ses besoins. Et moi…je n’étais pas prête. En gros, tu dois vivre « bébé ». Elle l’a dit d’une façon qui je crois m’a plongée en dépression instantanément. Je ne voulais pas fusionner. Je voulais exister. Déjà que je sentais que je n’existais plus, pour moi ça voulait dire efface toi. J’ai cru disparaître pour de vrai.

Kilou était un bébé déjà très très demandeur. C’était un bébé des bras. Avec elle je ne pouvais pas me doucher ou faire à manger seule. Elle vivait sur moi. Le fait qu’on me parle de quarantaine m’a tout de suite renvoyé à l’image d’une prisonnière ou d’une esclave. Ça peut choquer certains mais c’est comme ça. C’est mon vécu. Je n’avais pas été préparée à ce niveau d’effacement et de programmation. Je comptais les heures, les minutes. Et netflix n’était pas encore d’actualité…lol Alors je lisais : Kilou dans un bras, et le livre dans l’autre.

5/ La séparation

Honnêtement, si vous pensez un jour que je suis la maman qui a pleuré à la crèche, ôtez-vous d’un doute! Le jour où j’ai pu la déposer plus d’une demi-journée en crèche, je suis partie faire de la randonnée à La Caravelle près de 4 heures de temps en chantant et riant. Je me suis sentie vivre. Exister. Vous remarquerez qu’il y a chez moi, en dépit de cet instinct maternel, ce besoin d’être un être à part entière. Je n’ai jamais pleuré en déposant mon enfant à la crèche. JAMAIS. (L’école c’est autre chose fwew).


Tout ça pour vous dire que j’apprends un mois avant de déposer mon enfant à la crèche, que celle-ci n’accepte pas de lait maternel. Ne soyez pas naïfs comme nous avons pu l’être et posez la question au moment de choisir la crèche. Pour moi c’était tellement naturel que je n’avais pas pensé que ça pouvait être exclu. Mais il fallait bien que je retourne au travail et vous connaissez déjà la problématique de trouver des crèches en dernière minute.
J’ai donc commencé l’allaitement mixte pour que Kilou puisse bénéficier de 3 biberons de lait maternisé dans la journée et ma production s’est adaptée à la situation. Moins de tétées, moins de « letché »!

6/ L’obstacle final à mon allaitement

Ben ehhhhh! Vous savez très bien de quoi je parle, ou pas?! LA REPRISE DU BOULOT! Malheureusement, après 2 mois et demi, voir 3 mois minimum, nous devons reprendre le chemin du travail. Si certaines arrivent à mettre en place une organisation on fleek dans la logistique tire-lait, stockage du lait, transport du lait pour d’autres c’est plus compliqué.
Je suis retournée au boulot en pleine période de pré-rush, en trainant des pieds, aucune motivation à l’horizon. Et mon état mental de stress et de mal-être à également contribué à la disparition de mon lait au fil du temps.

J’essayais de donner mon lait le soir à Kilou mais elle était plutôt énervée car elle n’y trouvait pas sa ration suffisante.

Finito el leche…

Et voilà, maintenant vous savez tout. Mon rêve serait de pouvoir tenter l’expérience une nouvelle fois et d’envoyer bouler toutes les voix dans ma tête. Me préparer un maximum pour la quarantaine. Et me renseigner comme une dingue.
Dans tout ça, fort heureusement, j’ai eu une sage-femme en or qui me suivait à domicile.
Mais si tu deviens maman pour la première fois…Ceci est mon retour d’expérience et peut-être que ça pourra t’aider à mieux te préparer en amont. Et surtout, surtout, rend toi vite sur le site de la leche league.

Et toi? Comment as-tu vécu ton allaitement? Dis-le moi en commentaires 😉

Pour en découvrir un peu plus sur mes états d’âmes, je te conseille cet article que j’avais écrit quand je travaillais 40 heures par semaine.

Vous pouvez suivre mes aventures de maman sur mon compte insta ici! Au programme des astuces, des idées, des bons plans!

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4 Comments

  • Ton témoignage me confirme ce que j’ai toujours pensé: L’allaitement comme j’aime à dire, est naturel mais pas inné.
    J’ai été entouré de femmes allaitantes donc j’ai eu leur transmission ce qui m’a énormément aidé et fait valser mes craintes.
    Quant aux voix extérieures, je les ai très vite fait taire: entre les trop de bras ça va l’habituer (j’ai porté mon enfant en mois pendant 9mois comment voulez vous qu’il se défasse de moi du jour au lendemain) et les tétées rapprochées=pas de lait/pas assez nourrissant/ tu es une tétine. (vous connaissez les pics de croissance? Les tétées câlins/réconfort?). Je les renvoyais à se documenter et de me laisser vivre ma maternité comme je l’entendais surtout que je n’avais sollicité aucun avis.
    Mon homme m’a toujours soutenu.
    J’avoue, en plus de la transmission de mes sœurs et copines, je me suis énormément documentée notamment pour la reprise du boulot et pour le choix de la crèche acceptant le lait maternel.
    Pour l’histoire de quarantaine, je m’en avais jamais entendu parler mais j’étais clairement en total fusion avec ma petite. Par moment j’avais l’impression de ne plus exister en effet mais je gardais en tête que c’était pour un temps.
    J’avais rédigé un article sur mon blog sur mon allaitement 😉

    • J’avoue que si seulement j’avais eu quelqu’un de proche à ce moment pour m’ouvrir la voie et consolider ma confiance en moi. Mais j’ai plutôt eu des proches qui n’avait pas choisi cette option et c’était déroutant. J’espère tellement que si un jour bb 2 arrive, je saurai faire face à tous les obstacles pour allaiter le plus longtemps possible. C’est un rêve absolu.
      Moi même je n’ai pas été allaitée longtemps. J’ai refusé le sein de ma mère dès le premier mois. Coup du sort? ^^
      Et je vais de ce pas jeter un oeil à ton article sur l’allaitement. 🙂
      Merci d’avoir pris le temps de me laisser un petit mot en passant 😉

  • C’est la première fois que je commente directement sur le blog, car je te suis principalement sur Insta, mais je viens tout juste de voir ton article sur Facebook et le titre m’a évidemment parlé car je suis jeune maman allaitante !
    Les blabla de l’entourage on finit par s’y faire, mais pour l’allaitement c’est autre chose car on a ce poids de « nourrir son enfant » sa santé est en jeu, pas comme quand on nous conseille tel ou tel pédiatre, ou qu’on nous recommande tel transat et qu’on n’en veut pas etc… le choix d’allaiter vient avec la responsabilité et peu de personnes le comprennent.
    J’ai moi aussi subit beaucoup beaucoup d’incompréhension car l’allaitement est un domaine très méconnu mine de rien ! Je m’étais heureusement beaucoup renseignée et ma belle sœur puéricultrice m’a tout de suite renvoyée sur LLL, j’y ai passé des heuuuuures ! J’avais au final les connaissances suffisantes pour répondre, et comprendre ses besoins, mais parfois avec la fatigue, les doutes s’immiscent, et en période de pics de croissance sont venus les questionnements…aurai-je assez de lait ?! Et les amis autour qui n’ont cessé de me dire « tu es sure qu’il a faim encore? Mais non pas déjà, il vient de téter, il doit surement avoir mal au ventre plutot… » parce que voilà, peu le savent mais les premiers jours, bébé est pendu au sein et c’est NORMAL, car plus il stimule plus vite la lactation s’installe…
    Aujourd’hui à 7 mois, mon fils est toujours exclusivement allaité, diversification en cours, mais Mr n’est pas pressé de manger, la tétée on y prend du plaisir, c’est notre moment à nous et je suis heureuse d’y être arrivée, avec mes « petites » forces !
    C’est pas toujours simple (boulot, fatigue, sorties, organisation…) mais c’est possible, et puis… il faut en parler plus, pour que les gens comprennent tous les enjeux et sois encourageants plutot que décourageants, parce qu’est RAGEANT haha 😀

    • Merci d’avoir pris le temps de m’écrire en retour à mon article. Je crois que je suis trop facilement influençable ou plutôt que j’étais fragilisée parce que j’ai vraiment douté à cause des voix. Egalement, comme tu dis, les différents sons de cloche des professionnels sont plutôt inquiétants. Un coup mon pédiatre m’a dit « donnez de l’eau à votre bébé ». De l’autre la conseillère en lactation m’a dit « surtout pas d’eau. Il y’a tout ce qu’il faut dans votre lait maternel ». Et je crois que tout ça me perturbait. Je ne connaissais pas la LLL mais maintenant je suis prête et je vais tout donner si j’ai la chance d’enfanter à nouveau. 😀

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