Sabrina : mon fils, ma bataille, ma victoire contre l’endométriose

275171-P5MTB7-503Crédit Photo @freepik

Coucou les p’tites mamans!

Aujourd’hui un témoignage tout particulier, très intime, qui retrace le combat et la victoire de Sabrina et Sébastien contre l’endométriose et l’arrivée de leur petit miracle « Eden ».

Je ne sais pas pour vous, mais autour de moi, trop de femmes sont atteintes de cette maladie difficile et douloureuse aussi bien émotionnellement que physiquement. Les statistiques annoncent 1/10 femmes. La plupart du temps elles en souffrent en silence! Aujourd’hui j’avais envie de laisser la place au V. Le V de la victoire, le V de vie et de laisser Sabrina nous raconter l’arrivée de son petit miracle. L’ITW est longue mais elle est bouleversante et pleine d’espoir! Bonne lecture. xoxo

Le Monde des Kilounis : Peux tu te présenter en quelques mots super maman?

Sabrina : Je m’appelle Sabrina, j’ai 30 ans et je suis atteinte d’endométriose. On m’a diagnostiquée cette maladie lorsque j’avais 20 ans. J’ai subi deux interventions pour éliminer différents kystes en 2006 puis en 2009. Mais les douleurs mensuelles étaient toujours présentes et invalidantes 3 à 4 jours dans le mois dès que j’avais mes règles.

LMDK : Et comment tout a commencé?

Sabrina : L’homme qui partage ma vie s’appelle Sébastien. Il a 42 ans et est en bonne santé. Après notre mariage en 2014, doudou et moi avons décidé malgré notre éloignement géographique (lui à Paris, moi au pays) d’avoir un enfant. J’arrête donc la prise de ma contraception. Les douleurs sont de plus en plus importantes et bébé n’arrive toujours pas ! Mon gynécologue me demande d’être patiente et me prescrit du « Duphaston » pour réguler mes cycles afin de m’aider à tomber enceinte. 3 mois plus tard, je ne constate
malheureusement aucune évolution.

LMDK : C’est à ce moment que tu découvres que tu as une endométriose de stade 5?

Sabrina : Oui. Devant ma souffrance régulière, Doudou décide de prendre rendez-vous avec un professeur spécialisé en endométriose à l’hôpital Tenon à Paris en avril 2015. A la sortie de ce rendez-vous, on était tous les deux dépités. Le médecin venait de nous annoncer que j’avais une endométriose de stade 5 avec des atteintes aux ovaires, aux ligaments utéro sacré, aux intestins et au thorax. Il préconisait de me faire subir une chirurgie à 4 mains avec résection d’une partie de mes intestins ayant pour conséquence la mise en place d’une stomie durant quelques mois. C’était une opération lourde qui nécessitait au moins 8 mois de convalescence. Il nous a expliqué que vu l’étendue de ma maladie, nous n’avions quasiment aucune chance d’avoir un enfant naturellement ou par fécondation si je n’enlevais pas ces différentes adhérences.             Le doute, la peur, la tristesse nous envahissaient.

LMDK : Mais Sébastien et toi ne baissez pas les bras et continuez le combat!

Sabrina  : Effectivement. De retour en Martinique, je retourne voir mon gynécologue qui m’explique ne pas être très favorable à cette intervention qui est lourde de conséquences physiques et morales. Il nous propose d’essayer encore durant 6 mois naturellement avant de nous orienter vers le centre de FIV de la Martinique.
Nous décidons donc de demander un troisième avis dans un autre grand centre de PMA (Procréation Médicalement Assistée) avec des spécialistes de cette maladie qui est l’hôpital Cochin à Paris.

LMDK : Nouvel avis, nouvel espoir! Raconte nous…

Sabrina : Suite à notre rendez-vous en septembre avec le Dr SANTULLI, celui-ci après observation de mes différents examens et résultats nous a vivement déconseillé cette opération à 4 mains. En effet, ma réserve ovarienne étant déjà très faible, il craignait qu’elle soit très impactée suite à cette opération. Il nous a proposé de réaliser une FIV (Fécondation In Vitro) le plus tôt possible. Soulagement et espoir sont enfin présents dans notre aventure. Le prochain rendez-vous est fixé au mois de décembre (et oui les délais d’attente sont très long dans les centres côtés) afin de faire d’autres examens complémentaires tels que l’hystérosalpingographie, test pour les MST, test de détection du gène de la drépanocytose, spermogramme. En attendant cette fameuse date, le Dr m’avait prescrit une contraception orale afin d’endormir mes ovaires. C’était l’une des conditions indispensables à remplir pour le début de la FIV. Ce fût 4 mois sans douleurs très appréciables.

LMDK : Et comment se passe le retour vers la grande ville en plein mois de décembre?

Sabrina : De retour à Paris, nous effectuons tous les examens demandés non pas sans douleurs me
concernant surtout pour ce fichu examen qu’est l’hystérosalpingographie. Rien que d’y repenser, j’en suis malade. Mais bon, pas le choix, il fallait bien y passer. Quelques jours plus tard, on rencontre un médecin biologiste qui nous explique que le centre a choisi de réaliser une FIV ICSI. Je m’étais documentée sur les différents types de FIV donc je savais de quoi il parlait. Après stimulation puis ponction, on devait injecter dans chaque ovule mature un spermatozoïde ultra vaillant et rapide qui avait réussit avec brio son entretien d’embauche (LOL). Une fois l’ovule fécondé, il fallait le laisser évoluer pendant 5 jours afin d’obtenir un embryon J5 (plus résistant apparemment pour le transfert). Le
médecin nous a également donné les différents pourcentages de taux de réussites ou d’échecs de la FIV ICSI étape par étape. C’est très déstabilisant d’entendre tous ces chiffres qui ne sont pas très élevés mais ce spécialiste a su être très pédagogue et nous a rassuré en nous expliquant que pour une grossesse naturelle, le taux de fécondation était le même voire inférieur. On voit une nouvelle fois le Dr Santulli qui nous explique à nouveau les différentes étapes de la FIV ICSI et fixe le début de « l’expérience » (LOL) à
la mi-janvier. Je repars 10 petits jours au pays afin de me préparer à passer plusieurs
semaines dans le froid et la grisaille de Paris.

LMDK : puis arrive le retour à l’hopital COCHIN?

Sabrina : Je rencontre l’équipe des sages-femmes qui me fait une échographie de contrôle et une prise de sang et fixe le début des injections de stimulation ovarienne au 29 janvier. J’appréhendais cette étape par rapport à la douleur. A mon grand étonnement, c’était indolore (probablement à cause de la couche de graisse abdominale que j’avais…CHUT). L’infirmier qui venait tous les soirs à 19h30 précises (et oui autre
condition indispensable à la réussite d’une FIV) était très sympa et a voulu que je fasse moi même mon injection dès le 3 ème jour. Je me suis lancée sous l’œil expert d’Alexandre un peu fébrile et finalement j’étais plutôt fière de moi. Je n’étais plus uniquement spectatrice mais actrice de toute cette « industrie » qu’est la FIV et c’est très important pour une femme.

LMDK : Finalement le jour J!

Sabrina : Oui mais d’abord, entre le 7 ème et le 10 ème jour d’injection, je devais me rendre à l’hôpital tous les jours afin d’effectuer une échographie de contrôle et une prise de sang. Les sages-femmes devaient vérifier quotidiennement la taille de mes ovules, que je n’étais pas en hyperstimulation et déterminer l’instant T pour me « déclencher ».
Mon déclenchement était prévu un lundi pour une ponction sous anesthésie générale le
mercredi. Le jour J est arrivé, et c’est avec un peu de difficultés que j’ai quitté la station de métro afin de me rendre à l’hôpital. A chaque pas effectué, j’avais l’impression que mon utérus allait explosé, je me sentais lourde et j’attendais avec impatience cette libération. Ce n’était pas douloureux mais très inconfortable et particulier comme sensation. 20 minutes après mon entrée au bloc opératoire, me voilà en salle de réveil légère comme une plume. Une fois mes esprits retrouvés, le médecin m’annonce qu’il a pu prélever 16 ovules matures !!! Ouaw, je comprends mieux pourquoi je me sentais si lourde en sachant que chaque mois une femme libère en général un ou deux ovules matures.

LMDK : Il était une fois un spermatozoïde et un ovule #lovestory

Sabrina : Mdr. Tout à fait. Première étape réussie avec succès ! Maintenant les spermatozoïdes de mon mari et mes ovules devaient avoir le coup de foudre pour continuer l’aventure… On a dû attendre 5 longs jours avant d’avoir le verdict. La sage-femme nous a annoncé que nous avions obtenu 11 embryons le jour de la ponction et que 5 jours après il nous en restait 4. Il semblerait qu’ils soient de bonne qualité. Mais pas question de m’en injecter un immédiatement, ce serait trop facile (LOL). La patience était devenue notre premier enfant. Il fallait que mes ovaires soient à nouveau au repos afin de pouvoir procéder au transfert. Selon leurs études, une femme atteinte d’endométriose à plus de chance de
réussite de FIV lorsqu’elle effectue un transfert différé.
J’ai oublié de préciser qu’à cette période le ZIKA était très présent en Martinique et que le ministère de la santé avait suspendu tout début ou poursuite de FIV dans les DOM ou en France hexagonale pour les personnes habitant dans les DOM à la fin du mois de janvier 2016. Je l’avais donc échappé belle. L’équipe de PMA de Cochin m’avertit que durant ces 5 semaines je ne devais pas quitter le territoire pour rentrer chez moi au risque que ma FIV soit immédiatement interrompue. J’ai décidé de braver les interdits et
je suis rentrée incognito sur mon île travailler durant ces quelques semaines et retrouver mon mari qui entre-temps avait obtenu sa mutation (tout vient à point à qui sait attendre).

LMDK : Et c’est peu de le dire puisque…

Sabrina : Mi-mars, il nous fallait nous rendre à nouveau tous les deux à Cochin pour un contrôle
de mes ovaires et pour régler de la paperasse médicale afin de réaliser le transfert qui a eu lieu le 26 avril. Commencent alors 9 très très très longs jours d’attente, probablement les plus longs jours de ma vie. La veille de la date de la prise de sang de BHCG, je n’en pouvais plus d’attendre et j’ai décidé de faire un test de grossesse urinaire…. Et là avalanche d’émotions….la peur et l’angoisse en attendant la
lecture du résultat (les secondes m’ont paru des heures) ont laissé place à l’euphorie, au
bonheur immense en voyant apparaître les deux barres. J’allais être maman…j’avais du
mal à y croire. La prise de sang du lendemain a confirmé le début de ma grossesse et les semaines suivantes ont été stressantes car j’avais cette crainte constante de réaliser une fausse couche. Je devais 3 fois par jours prendre des ovules de progestérone jusqu’au 3 ème mois de grossesse. Une fois la première échographie passée, j’ai pu relâcher la pression quand j’ai vu son petit cœur battre. Mais cette zen attitude fût de courte durée.
A 4 mois de grossesse, panique à bord…je saigne. Consultation en urgence, le verdict tombe : j’ai un placenta praevia. Je vais passer le reste de ma grossesse au repos à la maison en attendant l’arrivée du petit prince et mon accouchement se fera par césarienne. Rien de très réjouissant mais qu’importe si c’était le prix à payer pour pouvoir serrer mon bébé dans mes bras. Le 25 novembre 2016 à 8h30, ma vie a
basculé…notre mini-nous a vu le jour et depuis il est ma raison d’être.
A toutes les femmes atteintes d’endométriose, cette maladie qui nous ronge, ne baissez
pas les bras. Je suis la preuve vivante que les miracles existent !!!

-fin-

Je ne sais pas pour vous les p’tites mamans, mais ce témoignage m’a juste scotchée. Il y a beaucoup d’obstacles, de difficultés, mais certainement une rage et une force d’aller au delà et d’obtenir la victoire et le miracle au bout du chemin. #speechless

Merci à toi Sabrina! Tu es une femme forte et un bel exemple de résistance!

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